Un troisième Hercules pour Coulson !

Coulson Flying Tankers vient de diffuser cette photo prise cette semaine à Reno dans le Nevada, pendant une session de qualification d’équipages.

Le nouveau Hercules est prêt pour le service. Le Tanker 133 est, comme le Tanker 132, un L-382G qui volait auparavant pour Lynden Air Cargo. Il porte le numéro de série 4698 et a été construit en 1976.

Les trois Hercules Tanker de Coulson alignés à Reno. (Photo : Coulson Flying Tankers)

Il a la particularité d’avoir un temps été immatriculé en France, F-GFZE lorsqu’il volait pour la compagnie Inter Cargo Services et F-GFAR lorsqu’il était aux couleurs de SFAIR à la fin des années 80. Désormais devenu pompier du ciel, il devrait participer à la saison à venir même si il n’apparaît pas encore sur les listes de l’US Forest Service.

Un quatrième Hercules entrera ensuite en service. Il s’agit d’un autre C-130Q qui se trouve actuellement encore à Tucson et sur lequel d’importants travaux doivent être entrepris. L’appareil, futur Tanker 134, devrait être disponible à la fin de l’été.

Avec ces quatre avions, Coulson va disposer d’une flotte polyvalente et extrêmement efficace. De quoi oublier que le statut et l’avenir des deux Martin Mars est encore bien flou !

Retrouvez sur 09-27 l’interview de Jérôme qui a volé sur C-130 en France et aux USA.

Thomas Pesquet, un Rafale et les collégiens de Bellême !

En seulement quelques mois et par une utilisation parfaite des réseaux sociaux, Thomas Pesquet est devenu plus qu’un voyageur de l’espace mais bien un phénomène médiatique.

Portrait officiel de Thomas Pesquet, dixième français à voler dans l’espace. (Photo : ESA)

Ingénieur aéronautique diplômé de SupAéro, il travaille pour le CNES avant de devenir pilote de ligne et voler sur les Airbus monocouloirs d’Air France. En 2009, il est sélectionné parmi de très nombreux candidats par l’Agence Spatiale Européenne pour devenir astronaute. Après plusieurs années de formation et d’entraînement, il a décollé le 17 novembre 2016 de Baïkonour à bord d’un vaisseau Soyouz pour gagner la station spatiale internationale pour la mission Proxima d’une durée prévue de six mois. Il est le dixième français à partir dans l’espace. Il effectue sa première sortie extravéhiculaire  le 13 janvier 2017 et une deuxième le 24 mars 2017. Une troisième est prévue pour le 24 avril avant son retour prévu sur terre au mois de mai.

En dehors de ses nombreuses expériences scientifiques en apesanteur, le travail indispensable à la maintenance de leur vaisseau spatial, le sport et les périodes de repos, Thomas s’est aussi mué en photographe de l’extrême, photographiant avec un talent certain la terre et ses particularités géographiques.

L’entrée du Golfe du Morbihan, Port-Navalo et l’île aux Moines photographiés depuis l’ISS, à environ 400 km d’altitude. (Photo : T. Pesquet/ESA)

On imagine les éditeurs n’attendre que son retour pour lui proposer de publier un « La terre vue de l’espace » !

Le patch réalisé pour l’occasion et porté par les élèves pour cette occasion unique.

Il y a plus d’un an, avant même le départ de Thomas dans l’espace, à l’initiative de Mme Halley, professeur de sciences physiques, le collège Roger-Martin-du-Gard de Bellême dans l’Orne, s’est porté candidat au projet ARISS (Amateur Radio on the International Space Station, les radio-amateurs sur la station spatiale internationale). Grâce à  deux stations radios, d’une puissance de 25 W chacune, et de quatre antennes permettant des communications vers la terre, l’ISS offre à des élèves de disposer de créneaux pour dialoguer quelques minutes avec le voyageur de l’espace.

Des dizaines de dossiers d’établissements français ont donc été proposés et seulement 12 retenus dont celui de Bellême. La sélection s’est faite sur l’ambition du projet pédagogique de l’établissement mais aussi sur des critères techniques lié à la situation du collège, en particulier l’absence d’obstacle et d’interférences pour assurer une liaison radio optimale avec la station spatiale. Une fois le projet retenu, les élèves de 3e et de 4e ont été largement impliqués dans un ensemble de projets et d’activités interdisciplinaires sous la houlette de l’équipe pédagogique de l’établissement, et de sa direction, mais aussi d’intervenants extérieurs. L’ensemble de l’évolution du projet peut se retrouver ici : http://projet-ariss.belleme.merack.org/wp/

La date retenue pour le contact a été fixée au vendredi 14 avril et le passage de l’ISS dans le secteur permettant la liaison annoncé pour 17h20. En plein cœur des vacances scolaires élèves et enseignants ont donc mis les bouchées doubles pour préparer l’évènement.

Les élèves du collège impliqués dans l’évènement avaient revêtu un T-Shirt confectionné spécialement.

Une douzaine d’établissements scolaires français ont eu la possibilité de parler avec l’ISS, mais à Bellême, les élèves ont eu le droit à un bonus de taille. La Marine Nationale a tenu à s’associer à l’évènement de façon très marquante. Puisque l’objectif était d’offrir la possibilité aux élèves de poser leurs questions à un astronaute, pourquoi ne pas leur offrir aussi l’opportunité de le faire avec un pilote de Rafale… en vol !

Si l’idée semble simple, sur le plan administratif ou opérationnel, elle n’a pas été si évidente à monter, pourtant, à l’heure dite, le Rafale s’est fait entendre, orbitant à 5 nautiques de la ville. Grâce aux moyens techniques des radio-amateurs de l’association F6CKO, la liaison radio a été effectuée sur une fréquence VHF aviation autorisée spécialement pour l’occasion.

A bord de l’avion de combat de la 17F normalement basé à Landivisiau se trouvait le Capitaine de frégate Vincent (1). En cette période de vacances, c’est donc le Pacha de la Flottille en personne qui a assuré la mission de piloter son avion tout en répondant aux questions des jeunes élèves du collège.

Quinze élèves, dont les questions avaient été sélectionnées au préalable, se sont installés dans la cour de l’école, près du poste radio et du haut-parleur installé pour diffuser l’évènement aux spectateurs.

L’attente avant l’arrivée du Rafale. Par chance, la météo était idéale pour  l’évènement, ce n’était pas du tout le cas la veille…

Lorsque la liaison radio a été établie, chaque élève est venu à son tour au micro poser sa question en respectant la même phraséologie qui sera utilisée un peu plus tard pour le contact avec l’ISS.

Discuter en direct avec un pilote de chasse à bord de son avion… Ils sont peu nombreux les collégiens a avoir eu ce privilège !

Interrogé sur ses motivations, sa formation, sa carrière et ses grands souvenirs, le pilote de l’Aéronautique Navale a répondu clairement à tous alors qu’il orbitait à 5 nautiques autour de la ville à basse altitude. Comme prévu et grâce à une météorologie printanière parfaite, il a annoncé ensuite procéder à deux passages sur le collège en guise de salut.

Le Rafale 5 (donc un avion standard F1 passé au niveau F3) survole le collège, crosse d’appontage sortie, aviation embarquée oblige !

Les yeux plantés dans le ciel, les enfants et leurs enseignants ont donc vu débouler un chasseur, crosse d’appontage sortie pour bien démontrer la spécification marine de l’appareil, à tout juste 1000 pieds au-dessus de la ville.

Nombreux étaient ceux qui n’avaient jamais vu un Rafale d’aussi près. Les spécialistes, eux, ont eu le temps de noter que l’appareil était équipé d’un pod Damocles, de deux bidons et d’un seul missile Mica d’exercice en bout d’aile, une configuration assez légère pour ce type d’avion.

Le second passage a été notablement plus musclé. Arrivant selon de même axe, le pilote a battu des ailes pour dire au-revoir et s’est engagé ensuite dans un virage à gauche en montant avec un peu plus de facteur de charge comme en témoignait la  longue traînée de condensation qui avait pris naissance sur le rail de missile de l’aile droite. Ces deux passages ne sont pas passés inaperçus dans la ville… forcément ! Ils ont même poussé les élèves suivant un cours de judo dans le gymnase tout proche à interrompre leur activité et sortir voir ça !!

Deuxième et dernier passage du Rafale M… un peu plus musclé !

L’ensemble des personnes présentes, membres de l’académie, de la collectivité locale, élèves, quelques parents et invités se sont ensuite rendus dans l’amphithéâtre du collège, d’une bonne centaine de places mais néanmoins insuffisant pour accueillir tout le monde si bien que l’ensemble de l’évènement était retransmis par vidéo dans plusieurs salles de classe du collège.

En attendant l’heure fatidique, les radio-amateurs se préparent dans l’amphithéâtre du collège.

Un astrophysicien affecté à l’observatoire astronomique d’Hesloup, situé près d’Alençon, est venu pendant une bonne heure expliquer les enjeux de la mission Proxima et détailler les différents modules de l’ISS et leurs fonctions. Dans les salles, la tension montait. Un des radio-amateurs a ensuite expliqué la très grande complexité de l’opération.

A l’heure où faire une séance skype avec l’autre bout du monde est simple comme un clic sur l’icône d’une application téléphonique, passer un appel radio à 400 km peut sembler une opération routinière facile à entreprendre.

Il faut juste prendre un détail important en compte. L’ISS, en orbite basse à 400 km d’altitude, survole la terre à une vitesse d’environ… 28 000 km/h ! Il lui faut donc une douzaine de minutes pour aller d’un horizon à l’autre. Pour établir une liaison radio stable, il faut donc que le signal soit dirigé efficacement pendant cette très courte période.

L’antenne provisoire dressée dans la cour.

Or, en raison de cette très grande vitesse, la liaison radio est soumise à un effet Doppler et à un glissement de fréquence. C’est là qu’entre en jeu la technicité des radio-amateurs qui, par leur pratique régulière et le matériel acquis à titre personnel ou pour le club, savent maîtriser la difficulté de cette connexion complexe.

Une antenne mobile sur deux axes, pour pouvoir suivre la course de l’ISS, a été installée dans la cour. Elle représente un investissement non négligeable pour l’association mais elle pourra servir à d’autres occasions, même si un nouveau contact avec une station spatiale n’est pas encore au programme.

Si le glissement de fréquence peut être suivi et compensé manuellement par les opérateurs, en raison de l’enjeu de l’évènement, les opérateurs ont  opté pour un suivi automatique histoire de se libérer d’un peu de stress. Car il s’agissait, bien évidemment, d’une opération sans filet !

Cette liaison était un « one-shot », sans possibilité d’une répétition générale préalable et sans aucune chance de report. Autant dire que la pression était maximale sur l’ensemble des personnes présentes. Pour ceux qui s’étaient lourdement impliqué dans la réussite de cette journée, tout pouvait encore basculer, ce qui aurait été une déception abominable.

L’installation technique des radio-amateurs et l’ordinateur portable pour suivre la trajectoire de l’ISS.

L’échec était possible, d’autant plus qu’une mauvaise nouvelle était arrivée en provenance de l’ISS quelques heures avant l’opération. A l’origine, Thomas Pesquet devait pouvoir dialoguer avec Bellême par le son et l’image. En effet, un flux vidéo descendant était prévu, malheureusement une panne survenue dans un des modules de la station n’a pas eu le temps d’être réparé à temps. Les élèves n’avaient plus que la radio pour parler à leur lointain interlocuteur.

A l’issue de la conférence sur l’ISS, à l’approche de l’heure fatidique, les élèves choisis pour poser les questions se sont levés et se sont mis en file indienne, comme lors de leurs répétitions, et ils ont attendu que la liaison soit établie.

Le suspens était à son comble. Bien sûr, il s’agit d’une phrase bateau, d’un poncif, mais dans les travées de l’amphithéâtre et dans les salles de classe attenantes, la tension était palpable. Un an d’investissement de la part de tous pour 10 minutes inoubliables. Voilà quel était l’enjeu !

Après six ou sept appels de l’opérateur radio vers l’ISS resté sans réponse, soudain, la voix forte et néanmoins très claire de Thomas Pesquet a résonné dans les haut-parleurs !

Un véritable frisson a circulé dans l’assistance !

Comme par miracle, la pression s’est envolé, notamment pour le professeur de science physique instigatrice et animatrice du projet dont le soulagement évident ne faisait plus aucun doute.

A quelques secondes d’envoyer un message dans l’espace.

C’était aux élèves de jouer désormais !

Pendant quelques minutes, comme certains l’avaient fait avec le pilote du Rafale quelques minutes plus tôt, ils sont venus un à un, sans précipitation mais avec célérité, au micro pour poser leur question et attendre la réponse de Thomas Pesquet, en orbite à 400 km au-dessus d’eux.

Parler à un astronaute dans l’espace ou le faire devant les caméra et les micros des journalistes… il fallait rester concentré !

Ce dernier avait reçu la liste des questions et avait préparé ses réponses. Bien sûr, ce qu’on perd en spontanéité est autant de temps gagné car le but était bien que tous les élèves puissent poser leur question et avoir leur réponse car le temps imparti était bien limité.

Les questions ont bien évidemment porté sur sa formation, sa sélection, sa vie et sa mission à bord de l’ISS, mais aussi sur son avenir. Mais la question la plus touchante est arrivée vers la fin lorsqu’un élève lui a demandé : « Thomas, tu es normand, et nous sommes en Normandie (2), est-ce que tu te souviendras de nous ? Et est-ce que tu viendras nous voir ? »

L’évènement a été filmé et diffusé en direct.

Il est évident qu’à l’issue de sa très longue mission, le planning de Thomas Pesquet va être encore plus chargé que celui du nouveau Président de la République et il lui sera difficilement possible de venir visiter l’ensemble des collèges avec lesquels il a eu une liaison radio mais qui sait… Du côté de Bellême, on en rêve déjà ! Tout comme on espère aussi rencontrer un certain pilote de chasse, commandant de flottille de Rafale !

Désormais, les équipes du collège vont pouvoir profiter de leur deuxième semaine de vacances avec la profonde satisfaction d’avoir mené à bien une double opération ambitieuse, complexe mais véritablement motivante. Les élèves vont sans aucun doute avoir du mal à réaliser la portée de cet exercice mais il faut bien reconnaitre qu’en matière d’enseignement mais aussi d’ouverture d’esprit, de culture générale, le défi a été largement relevé.

Les participants à cette journée mémorable posent dans la cour en fin d’après-midi. Tout le monde est soulagé, tout s’est passé comme prévu !

D’autres projets sont désormais en cours au sein du collège, qui, sans avoir aucune spécificité aéronautique, on est plutôt dans un environnement agricole et sportif (le collège dispose d’une section golf), va prolonger dans cette voie en lançant à la rentrée prochaine un cursus pour le Brevet d’Initiation à l’Aéronautique… On peut imaginer que dans ce cadre, de nouvelles (et excellentes) surprises attendent les élèves !

A l’issue de l’après-midi, un rafraîchissement a été proposé à l’ensemble des participants et des invités. Oui, il y avait quelques produits locaux !

Bien sûr, le mois prochain, lorsque l’astronaute française quittera sa station orbitale pour revenir sur le plancher des vaches devant toutes les télévisions du monde, qu’il passera ensuite des semaines à écumer les plateaux télé pour raconter son extraordinaire aventure, du côté de Bellême, il y aura quelques sourires en coin devant l’écran, quelques garçons et filles qui peuvent désormais se dire : « ben moi, Thomas Pesquet, j’ai déjà parlé avec lui… et il était dans l’espace ! »

Le privilège d’avoir conversé avec un voyageur de l’espace ! (Photo : ESA)

Et ce n’est pas donné à tout le monde !

 

 

(1) Désormais, pour des raisons de sécurité, les patronymes des militaires ne sont plus dévoilés, ils sont donc uniquement identifiés par leur seul prénom.

(2) oui, bon, c’est aussi le Perche !! Hein !?

 

 

Un grand merci à toute l’équipe du Collège Roger-Martin-du-Gard pour l’invitation exceptionnelle à vivre à leurs côtés ce moment incroyable ! Bravo à vous aussi pour cette superbe double réussite !

Dans la rade de Toulon

La rade de Toulon est un site extraordinaire et unique. Il abrite un port réputé pour son activité militaire puisque c’est la base principale de la flotte française en Méditerranée mais il est également un port commercial qui, après des années difficiles, semble reprendre une activité croissante. Il est devenu un point de départ important pour les Ferry à destination de la Corse et depuis quelques années une escale appréciée pour de très nombreux paquebots et navires de croisière. Plusieurs ports de plaisances accueillent d’innombrables voiliers tout autour de ce site, à Saint-Mandrier, à la Seyne et à Toulon même.

Le téléphérique, qui dispose depuis peu de toutes nouvelles cabines, permet d’accéder facilement et rapidement au Mont-Faron qui offre une vue d’ensemble sublime sur la rade de Toulon.

Si la ville dispose d’un réseau de bus extrêmement dense, le réseau Mistral, qui couvre également et largement les communes alentours, elle possède la particularité de disposer de trois lignes de bateaux-bus qui, au départ de Toulon desservent Saint-Mandrier (Ligne 28M), les Sablettes (18M) et la Seyne (08M).

D’un coût particulièrement modique puisque les titres de transports sont les mêmes que pour les bus de la ville, la carte 10 trajets coûtant 10 €, la carte illimité valable 7 jours à 9,90, ces bateaux permettent de profiter la rade en toute quiétude. Attention, certains navires du réseau Mistral ne disposent pas forcément de sièges en plage arrière ou d’accès à la plage avant, ce qui  est très dommage lorsqu’il fait beau (et c’est assez fréquent à Toulon finalement), c’est le seul reproche qu’on puisse leur faire.

Une des vedettes du réseau Mistral. Deux d’entre-elles sont à propulsion hybride.

Par ailleurs, des opérateurs privés proposent des visites guidées de la rade et du port militaire, durant environ 1 heure et pour un coût d’une dizaine d’euros. Ils ont pour avantage de proposer un commentaire et de prendre le temps de s’approcher un peu de la limite de la zone militaire tandis que les navettes foncent vers leurs destinations.

Promenade guidée dans la rade en Catamaran.

Pour autant, quelque soit votre choix, si il fait beau, profitez des plages arrières des bateaux pour vous laisser promener.

Toulon est devenu un port important à destination de la Corse. On distingue une des vedettes du réseau Mistral sous le « Corsica » peint sur la coque du Ferry et dans le prolongement de la proue du deuxième ferry, la nouvelle tribune du Stade Mayol, place forte du RCT, le club de rugby local.

Pour profiter du port militaire, la ligne pour la Seyne est idéale puisqu’elle longe l’Arsenal et ses quais. Ces photos ont été faites fin mars et début avril pour la plupart à partir des navettes pour la Seyne et pour St Mandrier. Réalisée avec des objectifs 18-105 mm et 120-400 mm elles ont juste été recadrées et n’ont bénéficié d’aucun post-traitement.

Le port militaire de Toulon regroupe environ 60 % du tonnage de la flotte française et comporte plusieurs unités notables. Bien évidemment l’unique porte-avions nucléaire français Charles-de-Gaulle en est le plus emblématique mais depuis plusieurs mois et jusqu’au milieu de l’année prochaine, le vaisseau est en chantier de rénovation à mi-vie afin de lui conserver toutes ses capacités opérationnelles pour les 20 prochaines années environ.

Fleuron de la Marine Nationale, le PAN Charles de Gaulle est en cours de rénovation dans le bassin Vauban dont l’entrée est protégée par les coques de navires retirés du service, celle l’ancien Bougainville et celle d’un pétrolier ravitailleur, sans doute la Meuse. On note l’abri au-dessus de la catapulte avant.

Mais d’autres unités importantes opèrent depuis l’immense rade varoise. Les BPC, Bâtiments de Projection et de Commandement de classe Mistral, sont représentés par le Dixmude, en partance pour une mission, et le Tonnerre, lequel était de retour de mission le lendemain.

Départ du Dixmude avec, à bord, deux Puma et une Gazelle de l’ALAT.

Alors que le Dixmude était en attente dans la grande rade, il a été rejoint par l’EDAR 4, Engin de Débarquement Amphibie Rapide emportant quelques véhicules de l’armée de Terre parmi lesquels des Véhicules de l’Avant Blindés (VAB).

L’EDAR 4, Engin de débarquement amphibie rapide, et son chargement à destination, vraisemblablement, du Dixmude.

Un Sous-marin Nucléaire d’Attaque (SNA) de classe Rubis était également de sortie. Les six unités de ce type sont basées à Toulon mais aucun d’eux ne porte le moindre signe distinctif (1) et il est donc difficile d’identifier cet exemplaire.

Un SNA au mouillage. Notez les embarcations des commandos qui assurent sa sécurité rapprochée.

Autour de ces navires emblématiques, d’autres bâtiments, visibles dans la rade, jouent un rôle essentiel dans la politique de défense de notre pays.

La frégate furtive Guépratte à quai devant la frégate anti aérienne Jean Bart.

Départ du Guépratte, escorté par un NH90 de l’ALAT.

Entraînement à la manipulation du système de ravitaillement entre le bien nommé Var et le Marne, deux des trois Bâtiments de Commandement et de Ravitaillement (BCR) de la flotte.

Le retour de la frégate Forbin après une mission de 5 mois et demi. Il est salué par le canon à eau du remorqueur côtier Sicié. Le remorqueur-ravitailleur Ailette, affrété par la Marine pour des missions de service public, est également de la partie.

Le Jason est un autre navire de service public affrété par la Marine et affecté au port de Toulon.

En plus des deux coques déclassées et servant désormais à la protection du Charles-de-Gaulle en cale sèche, plusieurs navires en fin de vie sont également visibles, c’est le cas de l’ancien Transport de Chalands de Débarquement (TCD) Orage.

Au fond de la rade, la coque de l’Orage attend son sort.

Plus visible encore, l’ancienne frégate anti-aérienne Duquesne sert de brise-lame pour l’école de plongée de Saint-Mandrier.

Remarquable par son dôme radar, l’ancienne frégate Duquesne, retirée du service en 2007, a été ancrée à Saint-Mandrier en 2009. Elle a été rejointe en juin 2016 par l’ancienne frégate Dupleix venue remplacer la coque du Rance destinée à être démantelée.

Pour des raisons évidentes, la zone est interdite de survol pour les aéronefs civils. Néanmoins un couloir aérien permet aux hélicoptères du Samu d’accéder aux hôpitaux de la ville. Les aéronefs militaires sont toutefois assez fréquents, même si la base d’aéronautique navale de Saint-Mandrier et ses hélicoptères ont laissé la place à un chantier naval de yachts de luxe.

Réveil à la toulonnaise. Un NH90 cercle autour de l’entrée de la rade tandis que deux Super Puma transitent par le sud de Saint-Mandrier.

Un Mirage 2000N effectue une passe sur le Tonnerre alors en attente dans la grande Rade.

Mais la rade n’est pas un qu’un port militaire et les navires civils sont nombreux à la fréquenter. Les plus impressionnants d’entre-eux sont bien entendu les navires de croisières qui accostent à Toulon ou à la Seyne. L’été, le rythme est presque d’un navire différent chaque jour.

Construit aux chantiers de Saint-Nazaire en 1986-1987, le Sovereign, long de 270 mètres, a une capacité de 2 850 passagers.

Une des chaloupes du Sovereign a été mise à l’eau et a manœuvré dans le port.

En outre, une activité commerciale tend à revenir du côté de la Seyne. Une ligne de fret maritime  existe entre la Turquie et Toulon où un roulier achemine des semi-remorques, leur faisant gagner un temps précieux sur leur route. Il est envisagé aussi de rétablir la liaison ferroviaire vers la Seyne pour permettre une augmentation sensible du trafic cargo dans le secteur.

L’UN Pendick est un Ro-Ro (Roll on, Roll out) de 193 m de long reliant généralement Toulon à Tuzla en Turquie, un trajet demandant environ 3 jours de navigation.

D’autres navires fréquentent également les parages comme cet étonnant cargo de la compagnie Rolldock, navire de transport polyvalent semi-submersible.

Utilisable comme dock flottant ou roulier, le Rolldock Sea est un navire véritablement polyvalent de 142 mètres de long. Derrière lui passe le cargo Rhodanus.

Au fond de la Rade, à la Seyne, se trouve le centre Méditerranée de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et certains de ses navires hauturiers.

Deux des navires de l’Ifremer. A droite, l’Europe est un catamaran de 30 mètres de long destiné aux missions liées au domaine de la pêche et, à gauche, le Suroît un navire de recherche scientifique qui s’est rendu célèbre en participant à la découverte de l’épave du Titanic en 1985.

Il est possible d’obtenir une autre superbe vue de la rade depuis le pont levant qui fermait autrefois le port de la Seyne. La voie ferrée qui l’a emprunté de 1920 à 1986 permettait d’acheminer les matières premières aux chantiers navals. Il a été ensuite restauré et érigé en position levée. Au sommet, une plateforme permet d’obtenir une autre superbe vue sur la rade d’un côté et sur la ville de la Seyne de l’autre. Son accès est libre. Les chantiers navals ont laissé, de leur côté, la place à un immense et très agréable parc.

Le pont levant de l’ancienne voie ferrée des chantiers navals de la Seyne domine le port et la mairie de la ville.

Port militaire, port marchand, la rade accueille aussi de très nombreux pêcheurs.

De jolies barques provençales amarrées au même ponton que les vedettes de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM).

Pêcheur toulonnais et son embarcation.

La marine de plaisance n’est pas, non plus, absente de la rade. De très nombreux yachts, voiliers, cabin-cruisers et autres barques fréquentent donc les mêmes eaux que les navires de la Marine Nationale. Depuis le quai en face la mairie de Toulon, il est même possible d’embarquer pendant une journée à bord d’un deux-mâts.

Navires de plaisance à la Seyne. A l’arrière plan, à droite, un banc de brume masque en partie le massif du Cap-Sicié, mais le relais TDF reste visible.

Un voilier au large des plages du Mourillon.

Quelques jours de promenades à Toulon et ses environs permettent de se plonger dans un monde maritime d’une étonnante variété et dans un cadre qui est juste absolument sublime. Porté par une lumière superbe, c’est aussi l’assurance que le photographe se fasse vraiment plaisir. Et puis, ça change (un peu) des avions…

 

(1) Néanmoins, en 2014, le Rubis arbora provisoirement un grand blason du Rugby Club Toulonnais pour encourager l’équipe. Cette année-là, les rugbymen remportèrent donc un doublé historique Coupe d’Europe-Championnat de France.

Deux heures en bord de pistes à Marignane

De passage dans la région marseillaise, pourquoi ne pas se détendre une paire d’heures en bord de piste de Marignane ? Certes, hors-saison estivale, l’activité n’y est pas très intense, mais parmi les courts et moyens courriers qui desservent la plateforme, on peut y croiser quelques machines tout à fait intéressantes. Si cela peut ne pas s’avérer suffisant, on peut toujours compter sur les compagnies cargo, les militaires ou les industriels pour apporter de l’inédit à saisir à coup de longues focales.

A Marseille, comme sur la plupart des aéroports français, Air France est particulièrement présent. La sobriété totale de la décoration de ses avions n’enchante plus guère les spotters mais tout est largement compensé et amélioré par la splendide lumière printanière matinale azuréenne !

Airbus A321-212 F-GTAP Air France

Les filiales du groupe, dont la compagnie Low Cost Hop ! desservent aussi la plateforme.

Embraer ERJ-190 F-HBLI Hop !

Puisque nous sommes dans le registre des compagnies à bas-coût, la plus célèbre d’entre-elle, et sans doute la moins fréquentable à plus d’un titre, a largement fait parler d’elle à Marseille, dans le viseur de la justice française pour plusieurs accusations graves comme celle de travail dissimulé qui lui a valu une lourde condamnation en 2013. Elle demeure très présente sur l’aéroport marseillais qui dispose d’un terminal spécifique pour ces compagnies, le MP2.

Boeing 737-8AS(WL) EI-DLO Ryanair

Autre compagnie « Low-Cost », Easy Jet dispose également d’une escale à Marseille au terminal MP2.

Airbus A319-111 G-EZBX Easy Jet

L’aéroport est également desservi par de nombreuses compagnies nationales venues de pays du pourtour méditerranéen, en voici quelques exemples.

Boeing 737-8F2(WL) TC-JHR Turkish Airlines

Boeing 737-8HX(WL) 4X-EKF El Al

Airbus A-320-214 TS-IMP Tunisair

Boeing 737-6D6 7T-VJR Air Algérie

Embraer ERJ-190LR CS-TPS TAP Express

Bombardier CRJ-1000 EC-LKF Iberia Regional

D’autres compagnies dites « Major » acheminent leurs lots de passagers vers la grande ville française.

Airbus A320-232 G-EUYB British Airways

Airbus A319-114 D-AILK Lufthansa.

Heureusement, il n’y a pas que ces avions monocouloirs, relativement courants, à photographier à Marseille.

Il faut désormais s’y faire, signe que l’appareil vieillit, les conversions d’ATR en cargo sont de plus en plus nombreuses. Cet ATR-42 opéré par la compagnie espagnole Swiftair en est un exemple.

ATR 42-300(F) EC-IVP Swiftair

Il n’est pas, non plus, inhabituel de croiser des avions légers à Marignane. En effet, cet aéroport héberge également l’aéroclub Marseille-Provence auquel appartient ce DR-400-120 démontrant que la cohabitation entre les avions commerciaux et de loisir est tout à fait possible.

Robin DR-400-120 F-GLDC Aéroclub Marseille-Provence.

En dehors de son aéroport, Marseille-Marignane se distingue par la présence de l’industriel Airbus Helicopters (autrefois Sud Aviation, Aérospatiale puis Eurocopter) qui dispose là de son siège et d’un de ses principaux centres de production. De nombreux appareils effectuent là leurs vols d’essais et de réception en sortie de chaîne.

NH90 TTH destiné à l’aviation militaire grecque.

H130 (ex EC-130) sous immatriculation temporaire d’essais et en attente de son passage en atelier peinture.

Deux H175 en stationnaire tandis qu’un 737 de Ryanair se pose.

Un nouveau Tigre destiné à l’ALAT et équipé de lanceur de roquettes de 68mm.

Il n’y a pas que les hélicoptères militaires à fréquenter l’aéroport. Les avions cargos y sont très fréquents. En cette fin mars 2017, la vedette a été ce Boeing C-17 Globemaster III appartenant au Heavy Airlift Wing du Strategic Airlift Capability (SAC), un programme de l’OTAN regroupant 12 nations et utilisant 3 C-17 en pool commun pour leurs besoins logistiques. Ces avions sont basés à Pápa, en Hongrie.

Le C-17 F-207/SAC-1, msn 50208 a été le premier Globemaster III affecté au SAC en 2009.

Les USA, la Suède, la Slovaquie, la Roumanie, la Pologne, la Norvège, les Pays-Bas, la Lituanie, la Finlande, l’Estonie, la Bulgarie et donc la Hongrie, participent au programme SAC et peuvent disposer des capacités hors-normes de cet avion.

Mais l’évènement marquant du jour fut le dernier départ de deux CL-415 de la Sécurité Civile qui quittaient leur base historique de Marignane pour rejoindre leur nouvelle base de Nîmes à l’issue de leur mission d’entraînement. Bien sûr, ces avions seront amenés à revenir régulièrement à Marseille, pour leurs missions d’entraînement ou pour intervention, mais c’est un chapitre long de plus d’un demi-siècle d’histoire de l’aérodrome qui se refermait alors.

Un avion de ligne chargé de passagers attendant que décollent les pompiers du ciel, une image qui sera désormais moins fréquente.

Un dernier passage, un dernier salut, un au-revoir et un chapitre de presque 54 ans qui se ferme.

En bord de pistes, il y a toujours quelque chose à voir… il s’y passe toujours quelque chose.

Femme pilote dans l’Armée de l’Air

Barbara Brunet est entrée dans l’armée de l’air en 1991, une époque où les femmes pilotes n’étaient pas nombreuses et où certains cockpits militaires ne leur étaient pas autorisés. Ainsi, en dépit de ses bons résultats dans les écoles de pilotage, elle ne pouvait pas postuler au cockpit d’un Transall ou d’un Hercules, les appareils tactiques surnommés « avions verts » ou à ceux des C-135. Elle fut donc affectée au « Médoc », où elle vola sur Nord N262 et sur TBM-700, un avion qu’elle détesta piloter. Elle fut ensuite instructeur sur Xingu à Avord avant d’être affectée à l’ETEC sur Mystère 20, et elle passa les huit dernières années de sa carrière sur Airbus A310 à « l’Estérel ». En août 2012, elle quitta l’armée de l’air avec 6500 heures de vol. (…)

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La nouvelle BASC de Nîmes a été inaugurée !

C’est un jour historique pour la Base d’Avions de la Sécurité Civile. Monsieur Le Premier Ministre et monsieur le Ministre de l’Intérieur, ce matin, ont inauguré officiellement ses nouveaux locaux sur l’aérodrome de Nîmes-Garons (1) en présence du commissaire européen en charge de l’aide humanitaire et du Directeur général de la Sécurité Civile et de la gestion des crises. Après 54 ans de présence dans les Bouches-du-Rhône, les bombardiers d’eau français quittent donc Marignane.

Premier lever des couleurs, la BASC de Nîmes est née. (Photo : B. Guerche/DICOM)

Pour l’inauguration, pour la première fois, les avions français ont procédé à un splendide largage tricolore. (Photo : Alexandre Dubath)

Si le bâtiment a été inauguré aujourd’hui, la base n’est pas encore totalement opérationnelle pour autant. Les Canadair, Tracker,  Dash et Beech vont rejoindre le Gard dans les jours qui viennent et, normalement, devraient être totalement opérationnels début avril, à temps pour la saison à venir. Pour leurs équipages et les personnels qui les gèrent ou les entretiennent, c’est un bouleversement important.

Le chantier de la BASC en septembre 2016. Elle sera bien identifiable, même depuis le ciel. (Photo : A. Domas)

Ce déménagement, à environ 80 km vers l’ouest, va aussi modifier la façon d’utiliser et de déployer les moyens aériens nationaux. Le détachement de deux Tracker en saison à Carcassonne serait menacé, tandis qu’un détachement de deux Canadair pourrait être renvoyé à Marignane les jours de forts risques, et ce, à la demande des élus de la région, inquiets de l’éloignement des moyens de secours après le feu d’août 2016 (2).

Plan de masse de la nouvelle BASC. On notera l’entrée particulière de la base et la position du Pélicandrome.

Cette nouvelle base de Nîmes, dont le coût est d’environ 18 millions d’Euros, soit environ la moitié du prix d’un Canadair neuf, comprend donc deux bâtiments, conçus par le cabinet A+ Architecture de Montpellier. Cette entreprise a  aussi été le maître d’œuvre du projet, lequel implique une quinzaine d’entreprise du BTP qui ont fait émerger de terre ce projet en à peine plus d’un an .

Le toit du bâtiment principal, dit « bâtiment de commandement » de 3200 m² est peint pour identifier la BASC même depuis les airs. Au rez de chaussée se trouve l’accueil, les espaces de restauration et de détente, des salles de réunion, les locaux du service médical de la base et ceux des syndicats ainsi que les services techniques. A l’étage, les trois secteurs opérationnels disposent de leurs zones de travail aux côtés des « ops » et de la direction.

Organisation des deux étages du bâtiment principal de la BASC de Nîmes.

Le deuxième bâtiment, côté cour, semble plus modeste. Il est pourtant au cœur du projet phare de cette nouvelle BASC, celui d’un ambitieux « centre d’excellence » pour les opérations aériennes de secours et de lutte contre les feux de forêts. A ce titre, il sera un pôle de recherche et développement et un pôle de formation et de simulation, l’objectif étant de faire de cette base un centre incontournable pour le travail d’uniformisation des méthodes et des procédures de lutte contre les feux de forêts en Europe et sur le bassin méditerranéen. Un de ces outils, inauguré ce jour, est le Simulateur d’Entrainement a la Coordination Aérienne de Sécurité (SECOAS), projet développé par l’Entente Interdépartementale de Valabre et mis en place à Nîmes.

Un des postes de simulation du SECOAS, inauguré aujourd’hui. (Photo : Entente Valabre)

Ce bâtiment héberge également un amphithéâtre de 150 places, offrant ainsi une vocation presque « académique » au site.

Plans du bâtiment « Pôle d’Excellence ». A gauche, le rez-de-chaussée, à droite, l’amphithéâtre de 150 places qui occupe une partie du premier étage et  l’intégralité du second.

En complément de ces infrastructures, une zone d’évaluation des empreintes de largage sera installée et exploitée par le Centre d’Etude et de Recherche de l’Entente (CEREN). Ainsi, il sera possible de tester concrètement les nouveaux systèmes de largage aéroportés, sans doute à partir du fameux test des « pots de yaourt » dont le principe est simple ; Une zone est couverte de récipients parfaitement positionnés et identifiés. Une fois le largage effectué, il suffit d’analyser la répartition du liquide dans les récipients pour connaître l’empreinte réelle de l’intervention de l’aéronef. C’est donc un outil unique en Europe dont va se doter la Sécurité Civile et qui pourra bénéficier aux industriels du secteur mais aussi aux autres opérateurs européens.

Le nouveau « pélicandrome », la station de remplissage en retardant des avions « terrestres », situé au sud des installation peut accueillir quatre avions simultanément pour le remplissage au retardant, le double des capacités du « pélicandrome » de Marseille. Il comporte également 2 points de remplissage à l’eau, indispensables pour les missions d’entraînement. Ces installations seront opérationnelles toute l’année.

17 février 2017, le Pélican 42 effectue la première visite du nouveau Pélicandrome. (Photo J. Hr)

Une station de rinçage des avions amphibies a été prévue afin d’accélérer ce processus indispensable pour préserver les coques de la corrosion, en particulier après avoir été en contact avec l’eau salée. Un traitement particulier des eaux de lavage et du « pélicandrome » a été prévu afin que ces opérations soient des plus respectueuses pour l’environnement

Cette nouvelle base a été visiblement construite avec un vrai souci des normes environnementales puisque le maître d’œuvre annonce que les deux bâtiments ont des performances énergétiques supérieures aux exigences HQE (Haute Qualité Environnementale) et qu’ils sont conformes au référentiel des Bâtiments Durables Méditerranéens. Un effort particulier a été porté sur l’acoustique du bâtiment, la proximité du parking avion étant un facteur de nuisances sonores difficile à nier. A ce niveau-là, le confort des équipes devrait être largement amélioré si on le compare aux installations marseillaises.

La BASC vue depuis le sud des installations. Les deux bâtiments sont clairement identifiables. (DGSCGC/Communication)

Mais ces données sont celles des constructeurs. Cette première saison sera forcément celle de l’essuyage des plâtres et seul l’usage permettra de voir si cette nouvelle BASC est aussi parfaitement adaptée à la mission qu’annoncé. Dans le cas contraire, les équipes de la Sécurité Civile devront faire avec… de toute façon !

Ces nouvelles installations vont être mises à contribution cet automne puisque c’est à Nîmes que se déroulera les 16 et 17 octobre prochain, la conférence internationale Aerial Fire Fighting Europe qui revient en France après avoir fait escale en Croatie en 2015. Cet évènement extrêmement attendu et particulièrement riche sera suivi les 18 et 19 octobre par la conférence  Search & Rescue International. Ces deux opérations organisées par la société Tangent Link tireront parti du choix délibéré de faire de la base française un site allant bien au-delà de la mise en œuvre et de l’entretien de la flotte des bombardiers d’eau et des hélicoptères de la Sécurité Civile.

Après quelques années d’activité réduite, le site de Nîmes-Garons retrouve donc un utilisateur principal. Autour de l’aérodrome, la communauté d’agglomération Nîmes Métropole cherche à développer un parc d’activité, l’Actiparc Mitra, destiné à accueillir des entreprises œuvrant dans les domaines de la logistique, de l’aéronautique et de la gestion des risques en particuliers environnementaux, un projet d’une indéniable ambition et pour lequel la BASC va servir, forcément, de « produit d’appel ».

Projet du parc d’activité Actiparc Mitra que la communauté d’agglomération nîmoise cherche à promouvoir auprès des entreprises de l’aéronautique, de la logistique et de la gestion des risques. (Document : Openîmes)

En 1963, à leur arrivée en France, les équipes des pionniers de la Protection Civile avaient aussi choisi un site que la Marine venait de libérer, la base navale de Berre. L’histoire se répète donc, même si les Catalina étaient vite allés, ensuite, se réfugier au sec à Marignane, de l’autre côté de l’étang. Mais les locaux que la BASC occupaient, faits de bric et de broc au fur et à mesure de son expansion, nécessitaient plus qu’une rénovation. L’emplacement de Marseille, au cœur de la zone à risques et juste à côté d’un plan d’eau avait des qualités que le nouveau site de Nîmes n’a pas, et auquel il va falloir s’adapter.

Les images des avions jaunes ou rouge et blancs garés non loin de l’étang de Berre appartiennent désormais au passé. Aujourd’hui, une page d’histoire se tourne.

Les avions de la Sécurité Civile alignés devant leur base en juin 2013 pour le cinquantenaire. Une image désormais historique.

La BASC de Marignane vue depuis un avion léger au décollage en 2011. L’étroitesse du site, la faible surface des bâtiments et des deux hangars sont parfaitement visibles.

(1) Où se trouve également l’aéroport Nîmes-Alès-Camargue-Cévènes, de l’autre côté des pistes, à côté des installations de Sabena Technics sous-traitant de la Sécurité Civile pour l’entretien de la flotte Canadair, le bâtiment du Groupement d’Hélicoptères de la Sécurité Civile et ceux de la société AvDef. L’école de pilotage Airways College dispose également d’un centre de formation (du PPL à l’ATPL) sur l’aérodrome. A côté de la BASC, dans les installations laissées par la Marine en 2011, se trouve la caserne du 503e régiment du train dit « de Camargue » et ses 1000 militaires.

(2) Ces mêmes élus qui auraient pu vraiment se battre pour maintenir la BASC à Marseille si ça avait été si important, mais on ne les a pas beaucoup entendus alors… De même, ces avions sont des moyens nationaux, pas des moyens à la seule disposition des Bouches-du-Rhône, ce que certains ont une lourde tendance à oublier.

Le Musée de l’Air a bien reçu son (gros) cadeau de la Saint-Valentin !

Avec une poignée de minutes de retard sur l’horaire prévu, le F-WWDD s’est présenté en très longue finale sur la piste 07 du Bourget à l’issue d’un vol de tout juste une heure commencé à Toulouse là où l’appareil a été autorisé à gratifier son lieu de naissance d’un passage à 500 pieds à la verticale de la piste 14R qu’il venait de quitter.

Le F-WWDD en longue finale. Les pompiers sont déjà prêts.

Un passage était aussi prévu à son arrivée au Bourget mais sans doute parce que l’autorisation n’a finalement pas été accordée, l’avion s’est posé directement.

A quelques dixièmes de secondes du touché !

En tout honnêteté, même si on peut comprendre que la proximité de Roissy complique certainement ce genre de manœuvre, en ces époques compliqués et tristes, il serait temps que lorsqu’une demande délicate se présente, il devienne impératif de dire « on ne peut pas faire comme ça, mais on peut essayer de trouver autre-chose » plutôt qu’un simple « non » abrupt et définitif…

Oui, il y a un clin d’œil sur cette photo !

L’avion s’est donc posé. Il est revenu, en roulant, se présenter face au musée, attendu par les camions des pompiers de l’aérodrome qui l’ont, comme la tradition l’exige, copieusement arrosé avec leurs canons à mousse.

Le traditionnel « water-salute » des pompiers à un avion qui termine alors sa carrière.

A l’entrée du parking, les réacteurs ont été stoppés et l’avion a ensuite été remorqué devant le bâtiment de l’opérateur d’aviation d’affaires Jetex pour débarquer la cinquantaine d’heureux veinards qui étaient à bord de ce vol exceptionnel, dont Mme Catherine Maunoury, Directrice du Musée.

Réacteurs coupés, le F-WWDD est tracté pour rejoindre le musée.

Un court rassemblement a ensuite été organisé au restaurant « L’Hélice » du Musée avant que les personnes présentes ne partagent le verre de l’amitié et un sympathique buffet.

Patrick du Ché au cours de sa brève allocution dans la salle de réception du restaurant du Musée.

M. Patrick Du Ché, pilote d’essais et patron des essais en vol d’Airbus a pris la parole après madame la directrice du Musée. Il a, au cours d’une très sympathique allocution, expliqué que cet avion était surnommé le 4LDD au sein d’Airbus, 4 comme son numéro de série, L parce qu’il est lié au programme « Large » et DD comme les deux dernières lettres de son immatriculation. Et si, normalement, il doit être appelé Delta-Delta ou Delta deux fois, il est quand même largement et familièrement surnommé « Dédé » !

En ce qui concerne le programme A380 dont on sait qu’il n’est pas aussi triomphant qu’espéré, il implique toutefois 1500 entreprises. Le carnet de commande comporte 317 appareils pour 18 clients et le constat est simple ; tout nouveau client sera très bien accueilli… Néanmoins, les avions aujourd’hui en service desservent 110 destinations et 230 aéroports dans le monde sont capables d’accueillir le mastodonte, dont le Bourget ! Depuis 2005, 3,5 millions d’heures de vol ont été effectuées, soit 400 000 vols, et 160 millions de passagers ont déjà goûté à l’extrême confort de cet avion exceptionnel. Et l’avion qui vient de terminer sa carrière après un peu plus de 3300 heures en 1100 vols d’essais et de démonstrations a particulièrement contribué à cette réussite technologique.

Un A380 est donc entrée au Musée de l’Air. Il ne sera visitable que dans quelques mois. A ce moment là, les travaux de réfection de l’ancienne aérogare, et de l’ancienne tour de contrôle aujourd’hui complètement désossée, seront terminée.

Désormais, le 4LDD est confié au Musée de l’Air. Il va être conduit hors zone publique pour être préparé à l’exposition statique, une opération qui prendra plusieurs semaines. En raison de leurs potentiels restants, les quatre réacteurs vont être remplacés par des machines hors service. Ensuite, il devrait être ramené devant l’ancienne tour de contrôle, actuellement en cours de restauration, exposé et surtout visitable par le public du musée. Son inauguration sera sans doute l’occasion de découvrir les entrailles de cette machine d’essais, à la configuration intérieure atypique.

« Dédé » comme on ne le verra plus jamais. Mais qu’on se rassure, la famille A380 n’est clairement pas une espèce menacée !

Avec l’entrée du F-WWDD dans ses collections, le Musée de l’Air s’offre une nouvelle superbe pièce, le premier de ce type à être ainsi préservé, non loin du Concorde 001, autre machine d’essais mythique, mais on ne peut s’empêcher que d’autres belles pièces attendent encore de l’autre côté des pistes une restauration ou une place sur le parking d’exposition devant le musée.

Bientôt un Airbus A380 au Musée de l’Air !

Bruissant depuis un moment, la nouvelle a été officialisée ce matin. Le Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget va recevoir un nouvel appareil, qui ne risque pas de passer inaperçu, pour ses collections puisqu’il s’agit rien de moins qu’un Airbus A380, le premier à être préservé, tout juste 12 ans après le premier vol du type.

Le F-WWDD va finir sa carrière au Musée de l’Air du Bourget

Le 14 février prochain, avec à bord une cinquantaines de passagers, employés d’Airbus Industrie et du Musée de l’Air, l’A380-861 msn 004 immatriculé F-WWDD effectuera donc son ultime vol entre Toulouse et Paris. Il est prévu à l’atterrissage au Bourget aux alentours de 15 heures. Cet appareil a été le deuxième A380 à prendre l’air, le 18 octobre 2005. Les 3360 heures de vol qu’il a effectué ensuite ont été consacrées aux essais en vol.

En juin 2010, le F-WWDD, à l’issue d’un vol d’essais, a fait un passage remarqué à Hyères, au dessus du meeting du centenaire de l’Aéronautique Navale.

Cet appareil est un habitué de la plateforme du Bourget puisqu’il a été l’appareil des démonstrations en vol des salons internationaux de l’aéronautique en 2009, 2011 et 2013.

Salon 2009, le Constellation de Breitling décolle devant l’A380 résumant d’un coup d’oeil 60 ans d’évolution de technologie aéronautique.

le 19 juin 2011, lors de son arrivée pour le show, il a d’ailleurs été impliqué dans un incident resté célèbre lorsqu’au cours d’un roulage, l’extrémité de son aile gauche est venue percuter un bâtiment, le winglet restant encastré.

Ces photos de l’incident de juin 2011 montrent bien l’ampleur des dégâts. (Photo : DR)

Après quelques vérifications d’usage, l’appareil a été renvoyé à Toulouse, les démonstrations en vol quotidiennes étant assurées par un appareil destiné à Korean Airlines. Le F-WWDD, réparé en urgence était de retour au salon pour le meeting aérien du dernier weekend, faisant la démonstration que cet incident, néanmoins fâcheux, n’était pas d’une très grande gravité.

Juin 2011, le F-WWDD effectue sa démonstration, après avoir été réparé, autour de l’aérodrome du Bourget tandis qu’un A321 est en longue finale sur Roissy.

En 2013, le slogan « Love at first flight » avait laissé la place à « Own the Sky ».

Si le Musée de l’Air est en droit de se réjouir de l’arrivée d’une telle pièce, et on imagine très bien que cet appareil va drainer un grand nombre de visiteurs qui viendront l’admirer aux côtés des deux Concorde et du Boeing 747 déjà présentés, on peut aussi, légitimement, se poser la question de la place que cette machine imposante va prendre sur la partie de tarmac dévolue au Musée car celle-ci est déjà comptée.

On peut aussi féliciter Airbus de la prise en compte de la nécessité de préservation de ses appareils. Même si le cas du 380 est loin d’être le plus préoccupant, les avions d’essais sont toujours des pièces intéressante car d’un standard parfois très éloigné des avions de série. On apprend, en parallèle, que le musée Aéroscopia de Toulouse pourrait, de son côté, percevoir trois avions retirés du service des essais en vol, le très précieux A320 msn 001, un A340 et l’A380 msn 002.

Airbus a donc décidé de faire préserver ses avions d’essais retirés du service. Une initiative qui mérite d’être soulignée !

 Rendez-vous est donc pris pour le 14 février prochain, vers 15h00, pour l’arrivée de cette nouvelle pièce maîtresse du Musée du Bourget.

Opération « levage » à la Défense

Ce matin, les habitants de Puteaux, Courbevoie, Neuilly-sur-Seine et Nanterre, les communes autour du quartier d’affaires de la Défense, ont été réveillés (à une heure raisonnable) par un très fort bruit, celui d’un hélicoptère se posant sur le parvis, juste devant l’immense Araignée Rouge de Calder, récemment restaurée.

Le LX-HMT aux couleurs de la société Heliconia France sur le parvis de la Défense, juste devant l’oeuvre de Calder, l’Araignée Rouge.

Le Bell 212 « Twin Huey » c/n 30803 immatriculé LX-HMT opère pour la société Heliconia-France. Il a été engagé pour une opération de levage sur un chantier situé sur la tour Total, haute de 187 mètres, située sur la commune de Courbevoie et abritant le siège social de la société pétrolière.

Le Bell 212 est un hélicoptère doté de deux turbines PT-6. Il est capable de lever plus de 2 tonnes.

Pendant toute la matinée, l’hélicoptère et son équipage ont effectué un grand nombre de rotations, pour monter et descendre du matériel, dont des pièces de climatiseurs.

Dépose d’une charge à plus de 180 mètres au-dessus du parvis de la Défense.

Si la manœuvre a débuté sous un ciel bleu, le temps s’est progressivement dégradé et l’opération s’est terminée sous la pluie et avec un vent bien établi, rendant le pilotage de plus en plus délicat.

Le Bell soulève une nouvelle charge sous élingue, lourde et volumineuse.

Ce genre de « manip » est assez fréquent au-dessus du quartier d’affaires, la location pour une journée d’un hélicoptère de levage pouvant s’avérer bien plus pratique et rentable que l’installation d’une grue.

Au cours d’une rotation, le Bell 212 se glisse entre le CNIT et la tour Cœur Défense.

Néanmoins, les rotations de cet hélicoptère, dont le rotor bipale produit un son caractéristique bien répercuté par les gratte-ciels de la Défense, ont captivé les nombreux clients des centres commerciaux du secteur, en ce premier weekend des soldes, souvent très surpris et interrogatifs sur la présence de cet engin incroyable ; le voir se glisser entre  les tours Areva et Coeur Défense étant particulièrement impressionnant.

Alors que le temps se dégrade, le Bell se pose quelques instants, devant la Grande Arche et le CNIT, avant de repartir pour les dernières rotations.

Les hélicoptères, par leur polyvalence, sont des outils de choix pour le travail aérien, l’appareil d’Héliconia en a fait une superbe démonstration ce matin.

Drôles de Zings

Avec Drôles de Zings, l’inénarrable Jean Barbaud propose quelques-unes de ses meilleures caricatures aéronautiques. On est ici dans la droite lignée de 100% Pur zings (La Sirène, 1993), Gueules de Zings (Vents d’Ouest, 2001) et Les Dents de la Guerre (Bamboo, 2009), les précédents ouvrages du talentueux dessinateur.

Mais si les dessins publiés dans le Fana de l’Aviation représentent ici une proportion importante du livre, ils sont accompagnés d’œuvres moins connues, ainsi que de nombreux croquis, d’affiches et même de photos qui donnent à ce tour d’horizon d’une œuvre un aspect foisonnant et très personnel. (…)

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